L'euro a permis de créer une zone de stabilité monétaire de 320 millions d’habitants. Pour les acteurs français, l’instabilité de change a complètement disparu notamment avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, qui figurent parmi nos principaux partenaires commerciaux. Si pour l’instant, la croissance tendancielle de la zone, soit 2,2 % l’an reste identique à ce qu’il était avant l’euro, il ne fait pas de doute que l’euro a réduit l’incertitude dans les échanges commerciaux et financiers intérieurs à l’Europe. La gestion de la monnaie européenne par la Banque centrale européenne est généralement considérée comme un succès, notamment au regard des missions fixées à cette institution par les Traités. La stabilité des prix a été assurée (en dehors des impacts exogènes des hausses des produits de base). Les anticipations d’inflation sont faibles et les taux d’intérêt à long terme sont bas. La Banque centrale européenne a acquis une forte crédibilité. L’évolution de l’euro depuis sa création s’est cependant avérée, à certaines époques, préjudiciable aux entreprises et à l’industrie de la zone euro en raison de mouvements trop rapides et conduisant l’euro au-delà de seuils critiques. Un euro trop élevé conduit à des surcoûts, à des pertes de parts de marché et à des délocalisations d’activité, tout particulièrement dans un espace économique européen encore morcelé et très partiellement intégré. Une politique de change de la zone euro devrait comporter, dans la mesure du possible, trois objectifs. Le premier serait de lisser les mouvements de change de très courte période (réduire la volatilité courte). Le deuxième objectif pourrait être d’éviter les trop fortes pentes dans l’évolution des taux de change (amortir les décrochages sans chercher pour autant à s’opposer aux mouvements de fond). Enfin, le troisième objectif serait de contenir les fluctuations de change dans certaines limites, sans doute assez larges, mais en évitant que ne soient franchis des seuils générateurs d’irréversibilités, des disparitions d’entreprises, voire de secteurs, et des délocalisations d’activités.