C'est tout de même curieux. Alors que la technologie facilite aujourd'hui de manière incroyable la communication et l'échange d'informations entre les êtres humains, l'on croise encore chaque jour sur le net des gens qui voient des complots partout : des ufologues, des climatosceptiques, des obsédés du cabinet noir... Bien sûr, certains le font pour des motifs précis, tels Trump se retirant de l'accord de Paris sous prétexte qu'il s'agit d'une invention des chinois, ou tels Fillon qui préfère botter en touche et accuser toute autre personne que lui-même pour expliquer ce qui s'est passé. Mais d'autres le font pour ainsi dire gratuitement, parce qu'ils sont réellement convaincus de détenir la vérité. C'est que les outils de communication n'ont pas, comme certains ont pu l'espérer, libéré seulement la communication journalistique : ils ont aussi libéré la parole de tous les citoyens, et permis à toutes les théories de complot et de bashing de rencontrer un nouveau public. 

Et ce déversement de fausses informations, de vérités alternatives et de fake news est devenu si mainstream que des politiciens de premier plan (comme ceux que je viens de citer, mais pas que) peuvent s'en emparer et les asséner à leurs électeurs... qui les croient sur parole !

Face à cette multiplication des fausses données, il semble d'autant plus important, aujourd'hui, de prendre la parole pour réfléchir à l'actualité véritable. Les fake news s'enracinent dès lors qu'on les laisse proliférer plus que l'information vérifiée. C'est une simple logique de rapport de force, de pourcentage qui détermine laquelle des deux informations - la fausse et la vraie - va s'imposer à l'opinion. Dans le monde actuel, l'ouverture d'un blog personnel pour y relayer l'actualité et en discuter devient ainsi un acte citoyen, auquel tout le monde devrait se mettre. Parce que si la majorité silencieuse est généralement modérée, la minorité complotiste et haineuse est quant à elle très active et bien bavarde !